Le FESPACO à Paris, on y était

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Le jeudi 18 avril, dans le très chic 8 ème arrondissement a eu lieu l’inauguration parisienne du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision à Ouagadougou : le FESPACO. Cinquantenaire cette année (1969-2019).

FESPACO à Paris - séance d'ouverture
© Jean Fall – Cinewax

Ce festival met en lumière les cinémas du continent par des projections, des expositions et des rencontres entre professionnelles du cinéma.
Cette première édition française a démarré en province le 14 avril. Cinq associations (PSV Films, Cinewax, Visions d’Afrique, Eurafriclap et ASCP) ont reproduit un mini FESPACO en France.

En tant que franco-burkinabè, ayant eu la chance de participer au 50 ème anniversaire à Ouagadougou, j’ai été plus qu’agréablement surprise. L’identité du festival était présente dès l’accueil. Devant le cinéma Lincoln, un stand recouvert d’un pagne en wax, présentait l’organisation (pass Cinéwax, cocktail…), des DVDs étaient en vente… Et, sur les murs, on pouvait retrouver toutes les affiches des films primés projetés (Black Mamba, poulain d’or du meilleur court métrage et the Mercy of the Jungle, en français la Miséricorde de la Jungle, Yennenga d’Or). Le ton de la soirée était donné.
Après avoir acheté ma place, j’entre dans la salle. L’accueil est chaleureux. Au fond, un cocktail attend le public : jus de bissap (nature ou fraise), barquette (recyclable et ce n’est pas qu’un détail) de bananes plantains frites et de pastels (thon/poulet). Sur chaque fauteuil, se trouvent un tote bag Orange money et des prospectus.

Le FESPACO

50 ans – © FESPACO

La soirée débute avec la présentation de tous ceux qui ont oeuvré pour rendre ce festival possible, l’équipe du film The Mercy of the Jungle et une personne qui a souhaité garder l’anonymat…

Salimata Sembere, présidente FESPACO 1969

Il s’agit de Salimata Salambéré… Mais qui est cette grande dame ? C’est la présidente de la première édition du FESPACO en 1969 ; témoignage de la place que tiennent les femmes dans le cinéma africain.

La présence d’Eléonore Yameogo, dont le film le Cimetière des Eléphants est dans la programmation de ce mini FESPACO en France, en est la preuve.

Au Burkina Faso, malgré les difficultés inhérentes à leur genre, les femmes cinéastes ne sont pas des exceptions qui confirment la règle, loin de là.

Lors des projections du FESPACO, chaque long métrage est précédé d’un court. Petit bonus et non des moindres, pour la séance d’ouverture nous avons eu droit à une contextualisation du FESPACO grâce à des archives de l’INA.

FESPACO : les films de la soirée d’ouverture

Le court métrage, Black Mamba, de la Tunisienne Amel Guellaty raconte l’histoire d’une jeune Tunisienne passionnée de boxe. Elle est la seule fille de la famille qui soit restée vivre auprès de sa mère après la mort de son père et le départ de son frère. Elle va cependant réussir à s’affranchir du déterminisme pesant relatif à sa condition sociale. Au-delà de la question du choix face au mariage qui l’attend, ce film a une dimension panafricaine non négligeable puisqu’il montre à l’écran un noir tunisien

bande annonce de Black Mamba

Le film humaniste du rwandais Joël Karezeki La Miséricorde de la Jungle raconte d’une manière singulière, la guerre congolaise du Kivu, à travers deux soldats. Dans cette guerre, Congolais et Rwandais s’affrontent. Justin et Xavier, deux soldats égarés, loin de leur bataillon vont affronter la jungle et reconsidérer leur position respective. Tuer pour survivre. Renoncer à tuer mais au péril de sa vie…

A travers ce film, le réalisateur nous donne une leçon sur le vivre ensemble et la cohabitation dans les moments complexes…

Joël Karezeki – © Cinewax

Lors de la présentation du film, le réalisateur, qui a perdu son père lors du génocide rwandais, explique que pour lui, le pardon est nécessaire…

Cette fiction au sens didactique nous amène à questionner notre rapport aux autres.

Cette séance d’ouverture a remporté haut la main le pari de la promotion du FESPACO lancé par les cinq associations de cinéphiles panafricains.

généreuse contribution de @La_go_moaga

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